La rue du général Leclerc 

Elle s’appelait jusqu’en 1948 rue de la Tuilerie.

Ce nom se trouve aussi sous d’autres  formes : rue de la Tuillerie, rue de la Thuilerie, rue des Thuilleries.

« Catherine DAVAY par son testament du 8 mars 1652, donne à l'église trois quartiers de terre "sise à Lamorlaye et proche (la Croix ou les THUILLERIES), tenant d'un côté à Monsieur WATTIER, d'autre côté à Monsieur de la MARTINIERE, d'un bout orient au vieux chemin de Chantilly, d'autre au couchant, au pavé ».(Archives paroissiales)

 

En 1686, François QUONIAN déclare « une maison sise à Lamorlaye au lieudit la THUILLERYE, tenant d'un côté à Pierre SAULNIER, d'autre à Claude …        d'un bout à André MENNESSIER, d'autre au grand chemin. » (Musée Condé)

 

La rue de la Tuilerie relie la route de Lamorlaye à Senlis (voie de la Grange des Prés depuis 1970) et la route de Boran (avenue du Général de Gaulle depuis 1978) ; elle est classée parmi les chemins de moyenne communication et devient au cours des ans la voie principale de la ville.

 

Au début du 20ème siècle, on y compte huit cafés et trois écuries de course.

On situe le café du Centre à l’angle de la place Foch (Il y toujours un café à cet emplacement), le café du Cerf à l’angle de la rue Louis Barthou et le Lion bleu près de la place du Marronnier.

Les écuries appartiennent au Prince Murat et aux entraîneurs Charles Bartholomew et Édouard Watkins, auquel succèdera Edmond Boullenger :

L’écurie du Prince Murat était en face de l’écurie Bartholomew.

Quand  Albert MENIER (alors propriétaire du château de Bois Larris) crée son écurie à Chamant, il prend Georges Bartholomew junior (son grand-père Jim était arrivé en France en 1840)  comme jockey et son frère Charles en qualité d'entraîneur. Albert MENIER meurt en 1899  et Charles Bartholomew vient s'installer à Lamorlaye en 1907 dans une écurie construite rue de la Tuilerie à la fin du  XIXème siècle par Monsieur LEBAUDY, lui aussi propriétaire de chevaux. Charles, puis son fils Charles Junior et ensuite son petit fils Charles William dit Mike deviennent de grands entraîneurs : leur écurie sera achetée  en 1951 par la Ville de Lamorlaye pour y installer l’Hôtel de ville.

Les frères James et Arthur Watkins, arrivent en France au milieu du 19ème siècle et s’installent alors à la Croix Saint Ouen. Le petit fils d’Arthur, Edouard Watkins choisit de s’installer à Lamorlaye : il achète par l’intermédiaire de M. Edouard Dubos, courtier à Paris, une parcelle boisée, à Lamorlaye, rue de la Tuilerie. Il fait construire une maison en 1901, puis un logement pour le personnel et dix boxes avec les communs en 1907. En 1921, après un incendie, les boxes sont reconstruits et 34 autres agrandissent l’écurie au début des années 1930.  Ils possèdent sur la route nationale (c’est aujourd’hui le parking Champion), une maison d’habitation en bordure de route ; les boxes sont au fond de la propriété. En 1947, la propriété est vendue à Edmond Boullenger, entraîneur à Maisons-Laffitte. Elle sera ensuite revendue à la famille Ouaki avant sa démolition en 2003 pour y construire ROSE OR NO.

 

En 1931, la poste s’installe au N°31 : on voit encore le mot « Lamorlaye » inscrit sur la Façade. Mais les mots « Poste Téléphone Télégraphe » sont cachés par une enseigne. Elle a été déplacée en 1977 à l’angle de la rue Louis Barthou.

 

Le Café du Cerf, appelé aussi chez Tintin se tenait en face de la poste actuelle jusqu’à la construction de l’immeuble La Sylvacanthe et l’aménagement de la place.

Ce carrefour s’appelait « Les quatre chemins ». C’était le croisement de la route de Senlis à Boran et du Vieux Chemin de Paris ou Ancienne Route.  

En 1762, la Route Royale de Paris à Dunkerque (notre RD1016) est réalisée jusqu’à Chantilly ; aussi en 1791 le Conseil municipal décide de réduire la largeur de l’Ancienne Route pour disposer de plus de terres cultivables. En 1930, le Conseil municipal refusera d’y créer une école car elle aurait été trop excentrée ! C’est en 1934 qu’on baptise ce chemin rue Louis Barthou ; Les premières habitations apparaissent entre les deux guerres ; la rue s’urbanise complètement dans les années 1960.

 

Inaugurée en 1988, l’allée des Arcades est percée à l'emplacement des établissements Meerschaut ; cette entreprise de couverture-plomberie remplace en 1957 une entreprise de transport (dirigée par Monsieur Bergue en 1903) qui assure, dès le début du 20ème siècle, un service journalier entre Lamorlaye et la gare de Chantilly.  Une « patache », voiture de 8 places tirée par 2 chevaux, inconfortable mais bon marché, est remplacée entre les 2 guerres par une automobile : c’est le premier taxi de Lamorlaye.

A l’angle de l’allée des Arcades, la boulangerie a conservé son toit caractéristique et la poulie qui permettait de monter les sacs de farine au grenier. En face les trois petites maisons ont ét construites en 928 pour les N° 19 et 21 et 1800 pour le N°23.

 

Pendant la seconde guerre mondiale, les bombardiers alliés larguaient parfois, sur le chemin du retour vers l’Angleterre, les bombes inutilisées ; c’est arrivé au moins 3 fois à Lamorlaye : une de ces bombes est tombée dans la rue ; l’immeuble situé au N°  XX a été construit sur ce trou de bombe.

 

Le laboratoire d’analyses médicales au N° XX est situé à l’emplacement du « café de l'Avenir » devenu ensuite le « bar tabac Charlet », puis vers 1950, l’hôtel restaurant « Le Lion Bleu »  tenu par la mère Armand.