L’église Saint Nicolas

La première église est probablement construite à la fin du 12ème siècle,  époque de la construction du premier château sous Philippe Auguste.

Une bulle papale du 30 juin 1182 qui confirme les biens de l’église des Sylvanectes est la plus ancienne attestation de l église que nous ayons :

« Une lettre de deux cents lignes qui permet de cerner le territoire juridictionnel et économique de cette église. Plusieurs groupes de paroisses sont repérables. La nôtre est jointe à celles de « Saint-Léonard de Val Profond, avec sa ferme, ses terres, ses pâtures, ses justices ; de Fontaine Saint-Firmin ; la dîme de Chantilly [il n’y a pas de paroisse, elle sera fondée à la fin du dix-septième siècle] ; de Gouvieux avec cette part des dîmes des terres et des vignes dont on reconnaît la possession à votre église ; et la dîme majeure –en voici une qui avait été oubliée- dans cette ville et tout ce qui lui appartient ; de la Ville Nouvelle [le texte latin porte deux majuscules] que l’on appelle Lamorlaia, avec les dîmes de l’endroit » (note 1)

Au 15è siècle, Antoine de Galles, seigneur de Lamorlaye, restaure le chœur et les vitraux : il est représenté avec son épouse, agenouillés sur le vitrail central.

Un mémoire de 1482 nous indique qu’Antoine de Galles a fait reconstruire l’église : il relève le toit et le clocher. Mais on ne sait pas pourquoi il a dédicacé l’église à saint Nicolas.

La nef n’apparaît qu’en 1650. Elle sera réparée après un incendie en 1729. Le 30 mai 1738, c’est la foudre qui détruit le toit de l’église : les cloches fondent ! Et Lamorlaye récupèrera les cloches de l’église Saint Hilaire de Senlis démolie à la même époque.

Louis Henri, 7ème prince de Condé (1692-1740), offre le tabernacle en 1736.

Le presbytère est reconstruit en 1744.

En 1769, le curé Brun fonde la première école qui comprend le logement du maitre d’école qui était payé par la cure à condition : de sonner la cloche le matin ; d’ouvrir et de fermer les portes de l’église ; d’assister à la messe ; de ne faire payer que les élèves dont les parents avaient des moyens suffisants…

En 1776, une horloge à 2 cadrans est placée sur le petit clocher : un cadran vers la rue Vieux Château (note 2), l’autre vers le parc du château. Elle sera déplacée sur le nouveau clocher où elle restera jusqu’à la Libération : elle a donc « travaillé » près de 170 ans !

En 1852 on restaure les vitraux ; puis encore le toit. En 1903, on construit le grand clocher-porche.

Entre 1862 et 1864, de grands travaux sont réalisés, payés par la famille Coin-Moreau, alors propriétaire du !château.

En 1933, la sacristie qu’on voit sur les cartes postales disparaît au profit d’un appentis sans doute plus pratique… mais qui empiète sur les vitraux !

L’église contient des objets d’orfèvrerie de valeur et des tableaux ainsi qu’une séparation en bois entre la nef et le chœur, devenue très rare. De 1907 à 1956, date de son départ à la retraite, l’abbé Louis Léopold Gallet a été le 13ème curé de Lamorlaye depuis 1635, date à partir de laquelle nous connaissons tous les curés affectés à Lamorlaye. Avant cette date, nous n’avons que  deux noms de curés : Loys Facée en 1375 et Pierre Sanson, contemporain d’Anthoine de Galles et le plus riche propriétaire terrien du village avant même le seigneur. (note 3)

Après la première guerre mondiale, l’abbé Gallet crée le patronage Saint-Louis et il fait construire dans le jardin du presbytère une salle pour les séances hebdomadaires de cinéma, une scène pour le théâtre (ce sont les jeunes de Lamorlaye qui jouent) et une salle annexe pour le billard et le matériel de gymnastique. Il a écrit dans le bulletin paroissial pendant plusieurs années des chroniques qui ont été réunies dans « La petite Histoire de Lamorlaye ».(note 4)

La grille qui ferme la chapelle, à gauche près du chœur, a été offerte à l’église par M. Coin-Moreau : c’est pourquoi elle porte son monogramme « CM » ; cette chapelle était utilisée par le comte Vigier et par la princesse de Broglie ; les belles statues en bois qi y sont cachées représentent Saint Pierre et Saint Paul.

Les deux crédences en bois doré appartenaient à l’abbé Gallet : elles lui venaient de sa nièce Mme Carbonelle.

Le bas-relief devant l’autel représente les quatre évangélistes : Saint Marc, avec le lion, Saint Jean, avec l’aigle, Saint Mathieu, avec l’homme et Saint Luc, avec le bœuf.

Les statues placées en hauteur dans le chœur représentent, à gauche Saint Nicolas (note 5) et à droite Sainte Catherine de Sienne.

Les statues au-dessus de l’entrée dans la nef représentent à gauche le saint portugais Saint Antoine de Padoue et à droite le Sacré Cœur.

Sur le sol, des inscriptions rappellent les familles enterrées dans le chœur de l’église ; on peut lire les noms de Mérien et de De Bienville ; en principe cette tradition concerne les aristocrates et on devrait y voir aussi les pierres tombales d’Anthoine de Galles, de sa femme et de son fils Jacques : peut-être ont –ils été recouverts quand on a refait le carrelage entre 1862 et 1864.

A droite en entrant dans la nef, une plaque très touchante a sans doute été déplacée du sol à cet endroit ; elle rappelle : « Ici repose Joséphine Painchaud née Sailier qui vécut pour le bonheur de sa famille et sa famille a tout perdu… morte le 27 avril 1823 ».

Sur le mur de gauche de la nef, on peut lire les noms des morts des deux guerres mondiales.

En 2010, le coq placé sur le grand clocher est tombé un jour de grand vent et n’a pas été retrouvé. Il a été remplacé et on s’est aperçu à cette occasion que le second coq et les deux supports son criblés de balles, sans doute depuis la seconde guerre mondiale.

 

NOTES

(1) Extrait des « Chroniques de Morlacca » de Jacques Grimaux (page 57) –ce livre qui relate l’histoire de Lamorlaye jusqu’au 16ème siècle a été réédité par l’ALMA en 2010 (Les éditions de l’ALMA)

(2) L’abbé Gallet l’appelle rue du Lavoir : il y avait en effet un petit lavoir sur le rû Saint Martin dans le coude que fait cette rue en son milieu

(3) Dans « Chroniques de Morlacca » de Jacques Grimaux.

(4) Cet ouvrage est consultable à la bibliothèque municipale dans le fond local. Beaucoup des informations dont nous disposons viennent de l’abbé Gallet et de ses chroniques. Il a étudié et traduit bien des documents d’archives ; mais n’a donné aucune de ses sources ! La paroisse met à disposition du public, à l’entrée de l’église, une petite brochure très complète sur l’histoire de l’église. Jacques Grimaux a donné à l’ALMA deux registres de délibération du conseil de marguilliers qui assurait la gestion de la paroisse au 19ème siècle que nous étudierons bientôt.

(5) Saint Nicolas, représenté avec trois  petits enfants blottis à ses pieds évoque la légende bien connue : accueilli par un boucher qui veut lui offrir à manger, Saint Nicolas refuse ce qu’il lui propose et demande la viande qui est au saloir ; le boucher s’exécute et Saint Nicolas ressuscite alors trois petits enfants que le boucher avait tués avec l’intention de les vendre!